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Comptabilité des cryptomonnaies : historique

Publication issue de nos archives. Révision du contenu : 10/09/2026.

Comptabilité des cryptomonnaies : historique

Les schémas et cours ci-dessous sont des exemples historiques. Ils ne constituent pas un mode d’emploi pour les comptes 2026. La qualification, les règles de valorisation et les traitements fiscaux doivent être actualisés avant toute utilisation.

Dans un précédent article, nous avons vu la check-list à valider avant d’acquérir des cryptoactifs avec la trésorerie de la société.

La décision a été prise, les différents interlocuteurs ont été informés et le compte a été ouvert chez Kraken. Quels sont les différents cas de figure que vous pouvez rencontrer et les écritures comptables à enregistrer ? (liste non exhaustive).

  1. Échange de crypto à FIAT (monnaie ayant un cours légal)

Supposons, vous avez acheté 1 Bitcoin (BTC) pour 10.000€ le 15 février 2021. Son cours évolue le 30/09/2021 et atteint le 40.000€ ; vous décidez de le revendre et vous générez une plus-value de 30.000€. Cette plus-value sera incluse dans le calcul de votre impôt sur les sociétés.

Schéma d’écriture (abstraction de frais)

Exemple comptable historique : dépôt de 10 000 euros sur Kraken, achat d’un bitcoin puis vente pour 40 000 euros. Les numéros de comptes illustrent le référentiel utilisé à l’époque.

Si vous décidez de retirer vos fonds de Kraken sur votre compte bancaire, les écritures suivantes devront être comptabilisées.

Exemple comptable historique : transfert de 40 000 euros depuis Kraken vers le compte bancaire de l’entreprise.
  • Echange de crypto à crypto

Supposons, vous avez acheté 1 Bitcoin (BTC) pour 10.000€ le 15 février 2021. Le 25 Mars 2021, vous échangez 0.5 BTC pour 10 Ethéreum (ETH) :

  • 1 BTC = 20.000€
  • 1 ETH = 1.000€

Schéma d’écriture (abstraction de frais)

Exemple comptable historique d’un échange entre bitcoin et ether, avec enregistrement de la cession puis de l’acquisition.

Les 5.000€ de plus-value vont être soumises à l’impôt sur les sociétés. C’est une spécificité propre aux sociétés ; en effet, un échange crypto-crypto réalisé par un particulier n’est pas soumis à l’impôt sur le revenu.

Dans son rapport 2021 sur la « Fiscalité des actifs numériques – propositions 2021 », l’ADAN a souligné trois problématiques du fait de cette spécificité :

  • Problème de liquidité : l’échange a été effectué crypto contre crypto, mais l’impôt sur la plus-value est payé en euro alors même qu’il n’y a pas eu d’entrée en FIAT
  • Problème de volatilité : en cas de baisse du cours de l’actif, l’entreprise doit néanmoins payer l’impôt même si elle n’en a pas les moyens
  • Problème de charge administrative : chaque transaction (cession ou échange) est soumise à un calcul de plus-value ce qui rend complexe son évaluation, faisant peser un risque fiscal sur la société
  • Staking

Le staking est un processus de sécurisation de la blockchain, qui consiste à mettre en garantie une quantité de cryptoactifs dans le but d’obtenir des intérêts.

Exemple :
Après avoir échangé les 0.5 BTC contre 10 ETH, la société décide de déposer en staking les 10 ETH. Supposons que le taux d’intérêt proposé par la plateforme est de 10% avec un versement hebdomadaire des intérêts.

La société recevra environ 0.02 ETH par semaines, qu’il faudra comptabiliser.

Schéma d’écriture

Exemple comptable historique de récompenses de staking : 0,02 ether valorisé 30 euros dans le scénario présenté.

Ce passage décrit les interrogations à la date de publication. Pour un exercice actuel, il faut qualifier l’opération et vérifier le référentiel applicable, notamment les règlements ANC relatifs aux crypto-actifs. Un produit commercial appelé staking n’est pas nécessairement identique à une activité de validation directe.

  • Prendre pour valeur d’acquisition = 0€ (alors même que la société devra payer un impôt sur ses intérêts perçus).
  • Prendre pour valeur d’acquisition, la valeur au moment de sa réception. Exemple, ici 30€
  • Valorisation des cryptos à la clôture de l’exercice comptable ?

L’article 619-15 du règlement ANC portant sur les actifs numériques précise que « les plus et moins-values de cession des jetons détenus sont calculées selon la méthode du premier entré – premier sorti (PEPS – FIFO) ou du coût moyen pondéré d’acquisition (CMP) ». Ainsi, sera comptabilisé un produit ou une charge.

La méthode retenue devra être conservée les exercices suivants.

  1. Exemple des plus-values latentes

Le cours du BTC au 31/12/2021 est 1 BTC = 40.000€

Ma plus-value latente est donc égale à : 20.000€ (0.5 BTC restant * 40.000€) – 5.000€ (0.5 BTC * 10.000€ prix d’acquisition au 15-02-21) = 15.000€

Exemple historique d’écart de valorisation à la clôture : hausse de 15 000 euros de la valeur du bitcoin dans le scénario présenté.
  • Exemple des moins-values latentes

Le cours de l’ETH au 31/12/2021 est 1 ETH = 500 €

Exemple simplifié : 10 ETH acquis pour 10 000 € au total puis valorisés à 500 € chacun représentent une baisse économique de 5 000 €. Cette différence ne détermine pas à elle seule l’écriture comptable ou l’ajustement fiscal.

Exemple historique d’une baisse de valeur de 5 000 euros sur une position en ether et des écritures envisagées à l’époque.

La déductibilité fiscale d’une dépréciation ou d’une provision doit être analysée séparément de sa comptabilisation. Le principe de prudence ne suffit pas à conclure automatiquement à une réintégration.

Bonus 1 : paiement en cryptoactifs d’une facture fournisseurs

Le 15/10/2021, la société paie la facture d’un fournisseur d’un montant de 2.000€ en Bitcoin, soit 0.1 BTC (cours 1 BTC = 20.000€). Pour rappel, le BTC a été acquis pour 10.000€.

Exemple comptable historique du paiement d’une facture de 2 000 euros avec 0,1 bitcoin, distinguant la cession de l’actif et le règlement du fournisseur.

Ce paiement en cryptoactif est assimilé à une cession, et donc la plus-value doit être calculée.

Bonus 2 : encaissement en cryptoactifs d’une facture client

Le 25/10/2021, la société encaisse 3.500€ en ETH pour le paiement d’une facture (abstraction du décalage entre la date d’émission de la facture, et sa date de paiement).

Exemple comptable historique d’un règlement client de 3 500 euros reçu sous la forme de deux ethers.

Bonus 3 : Autres problématiques

  • Montants inférieurs à 1 centime

Qu’il s’agisse des revenus de staking reçus de manière récurrente (journalier, hebdomadaire…) ou encore des frais de transaction, ils peuvent avoir des valeurs comptables inférieures à 1 centime, ce qui complique le traitement comptable de ces transactions. En accord avec le client, ces transactions :

  • Documenter une méthode de regroupement et de précision adaptée, en conservant le détail et en évaluant les écarts de rapprochement.
  • Éviter de remplacer systématiquement chaque montant inférieur au centime par 0,01 € : la répétition peut créer des écarts significatifs.
  • La déductibilité des frais

Les frais pour qu’elles puissent être déduites du résultat, doivent s’appuyer sur des pièces justificatives telles que des factures. Or, il n’est pas reçu de justificatif pour les frais de transactions ce qui pose une zone d’ombre quant à la déductibilité de ces derniers.

En conclusion, la personne en charge de la comptabilité de la société devra maîtriser ses différents aspects. À défaut, n’hésitez pas à prendre contact avec des professionnels spécialisés sur ce secteur.