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Fiscalité crypto : distinguer le PFU privé du régime de la société

Publié le 21/05/2026 · Mis à jour le 08/09/2026 · Houssen Issouf Aly, expert-comptable

Crypto-actifs · Entreprises · Dirigeants

Des repères pratiques pour les entreprises et leurs dirigeants. Version révisée le 7 septembre 2026.

Article d’origine : 2026-05-21 · HODL Consulting

Fiscalité crypto : distinguer le PFU privé du régime de la société

Un taux à replacer dans son contexte

La fiche DGFiP actualisée le 17 juillet 2026 indique un PFU de 31,4 % pour les plus-values relevant de la gestion du patrimoine privé : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux. Ce taux ne doit pas être appliqué indifféremment à toute recette reçue en crypto ni à toute année déclarée.

Un taux ne suffit pas à calculer l’impôt

Il faut d’abord déterminer le régime, l’année et la plus-value imposable. Une cession de 10 000 € ne représente pas nécessairement 10 000 € de gain. À l’inverse, le seul montant revenu sur le compte bancaire ne décrit pas toutes les opérations à analyser.

À titre d’illustration, une base imposable hypothétique de 5 000 € soumise au taux de 31,4 % représente 1 570 €, avant prise en compte d’une éventuelle option et des particularités du dossier. Cette multiplication intervient après le calcul de la base ; elle ne remplace pas la reconstitution du portefeuille.

Option pour le barème : distinguer les dispositifs

L’option concernant ces plus-values relève de l’article 200 C du CGI. Le texte la qualifie d’expresse et irrévocable. Elle ne doit pas être assimilée automatiquement à l’option relative aux autres revenus du capital de l’article 200 A. Une simulation doit donc examiner le dispositif réellement applicable, et non transposer une modification annoncée pour une autre catégorie de revenus.

Ce chiffre ne couvre pas toutes les opérations crypto

La qualification vient avant le calcul : gestion d’un patrimoine privé, activité exercée dans des conditions professionnelles, mining, prestation rémunérée en crypto et opérations d’une société ne sont pas interchangeables. Le titulaire et la nature de chaque flux doivent être identifiés.

Le calcul du portefeuille privé

Dans le régime de l’article 150 VH bis, le calcul utilise le prix total d’acquisition ajusté et la valeur globale du portefeuille au moment de la cession. Il ne consiste pas simplement à retrouver le prix d’achat du token vendu sur une seule plateforme.

Exemple simplifié, première cession sans frais : un portefeuille a été acquis pour 10 000 € et vaut 20 000 € au moment d’une cession de 4 000 €. La fraction de coût imputée est de 10 000 × 4 000 / 20 000 = 2 000 €. La plus-value de cet exemple est donc de 2 000 €. Le suivi du coût restant doit ensuite tenir compte de cette cession. Source : BOFiP, base d’imposition.

Reconnaître les opérations au lieu de suivre seulement les retraits

Une vente contre euros, un paiement d’un bien ou service, un échange entre actifs et un transfert entre vos propres wallets sont des opérations différentes. Les échanges sans soulte bénéficient d’un traitement spécifique dans le régime privé ; ne transposez pas cette règle aux sociétés à l’IS. Conservez les mouvements même lorsqu’ils ne donnent pas lieu à un encaissement bancaire.

Les opérations de mining, les rémunérations et les revenus de protocoles nécessitent leur propre analyse. Pour un dirigeant, le dossier personnel reste séparé du dossier d’investissement de sa société.

Préparer les données utiles au cabinet

Un dossier déclaratif fiable se prépare à partir des historiques complets. Une plateforme peut calculer uniquement les opérations qu’elle connaît, tandis que le calcul du portefeuille requiert une vue cohérente de l’ensemble concerné.

  1. Recenser les accès et titulaires : plateformes utilisées, comptes fermés, wallets et années concernées.
  2. Récupérer les historiques : achats, ventes, échanges, transferts, frais et opérations particulières, avec les justificatifs d’origine des fonds.
  3. Contrôler les imports : périodes manquantes, doublons, actifs non reconnus, transferts classés à tort en revenus et données de prix absentes.
  4. Rapprocher les positions : expliquer l’écart entre les quantités reconstituées et les soldes réels.
  5. Préparer la déclaration : calcul détaillé, annexes pertinentes et conservation des éléments permettant de reproduire le résultat.

Déclaration des plus-values et comptes étrangers

Le formulaire 2086 concerne le détail des plus ou moins-values relevant du régime privé. La déclaration des comptes d’actifs numériques auprès de prestataires étrangers constitue un sujet distinct. Une absence de vente n’autorise donc pas à conclure qu’aucune formalité n’existe.

Questions fréquentes

Le chiffre du logiciel peut-il être repris sans contrôle ? Il faut vérifier le périmètre, les alertes et la cohérence des soldes. Un résultat calculé sur un historique incomplet reste incomplet.

Un virement entre mes wallets est-il une nouvelle recette ? Identifiez les deux extrémités et la propriété des wallets. Le rapprochement évite de confondre un transfert interne avec une acquisition ou un revenu.

Les informations transmises par les plateformes remplacent-elles ma déclaration ? Le reporting fiscal des prestataires et vos obligations personnelles sont distincts. Notre guide DAC8 explique les données et les rapprochements à préparer.

Une ancienne simulation mentionne 30 % : faut-il la jeter ? Retrouvez l’année, le régime et les hypothèses avant de la recalculer. Le taux d’une autre année ne doit pas être remplacé mécaniquement dans tout l’historique.