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Bitcoin Treasury Companies : analyse 2025

Publication issue de nos archives. Révision du contenu : 10/09/2026.

Bitcoin Treasury Companies : analyse 2025

En 2025, les stratégies dites « Bitcoin Treasury » ont gagné en visibilité : certaines entreprises ont choisi de détenir du bitcoin au bilan et, parfois, de lever des capitaux pour financer ces achats. Cette publication explique leur logique et les questions qu'elle soulève pour une entreprise française. Elle ne constitue pas une recommandation d'allocation.

Deux situations à distinguer

Une entreprise opérationnelle qui investit une fraction de sa trésorerie disponible et une société dont la stratégie centrale consiste à accumuler du bitcoin n'ont pas le même profil. La première doit financer ses salaires, ses fournisseurs, ses impôts et son activité. La seconde expose davantage sa valeur, son financement et ses actionnaires au prix d'un actif.

La notoriété d'une société cotée ne fournit donc pas un modèle directement transposable à une TPE, une profession libérale ou une holding familiale. Les contraintes de financement, de gouvernance et d'information sont différentes.

Motivations avancées et limites

Les partisans de ces stratégies mettent en avant la rareté programmée du bitcoin, sa transférabilité et une diversification des actifs. Ces arguments ne constituent pas une garantie de préservation du pouvoir d'achat. Le bitcoin n'est ni une protection certaine contre l'inflation ni un actif dont la corrélation avec les marchés financiers serait toujours nulle.

Une allocation peut subir une baisse importante au moment précis où l'entreprise a besoin de liquidités. Le risque ne se mesure pas seulement au montant investi : le calendrier des décaissements, une éventuelle dette et la concentration des contreparties comptent aussi.

Avant tout achat : formaliser la décision

  • Déterminer la trésorerie réellement disponible après les besoins d'exploitation et les réserves de précaution.
  • Vérifier les statuts, les pouvoirs du dirigeant, les accords de financement et les décisions nécessaires.
  • Définir les objectifs, les limites d'exposition et les conditions de vente ou de réexamen.
  • Tester plusieurs scénarios de baisse et de blocage des retraits.
  • Répartir les responsabilités : décision, exécution, validation, conservation et contrôle.

Il n'existe pas de pourcentage universel, tel que 5 % ou 10 %, adapté à toutes les entreprises. Le choix dépend de leur capacité à supporter une perte, de leur activité et de leurs obligations. Une absence d'investissement peut être une décision cohérente.

Conservation et financement

Un achat financé par dette ajoute des intérêts, des échéances et, selon le contrat, un risque de garantie ou de liquidation. Il faut examiner ces contraintes avant de retenir une hypothèse de hausse du bitcoin.

Le choix entre un prestataire et une conservation maîtrisée par l'entreprise doit intégrer les accès, les sauvegardes, la continuité et les procédures de récupération. Un dispositif technique ne dispense pas d'identifier qui est autorisé à engager la société. La signature multiple exige elle aussi un plan de fonctionnement et de secours.

Comptabilité et fiscalité : analyser l'opération réelle

La phrase selon laquelle tous les bitcoins détenus par une entreprise française seraient systématiquement des immobilisations incorporelles était trop générale. Il faut identifier les droits, l'intention de détention et le référentiel applicable à l'exercice. L'ANC a publié en 2026 de nouvelles règles relatives aux crypto-actifs, avec un texte général et un texte propre au secteur bancaire. Règlements ANC 2026-01 et 2026-02.

Conservez les achats, frais, adresses, conversions, prix et preuves de propriété. Ne transposez pas à une société soumise à l'impôt sur les sociétés le calcul applicable aux plus-values d'un particulier.

L'obligation française de déclaration des comptes d'actifs numériques à l'étranger vise des catégories précises de contribuables, notamment les personnes physiques et sociétés non commerciales. Elle ne doit pas être présentée comme une obligation identique pour toute société commerciale. Périmètre indiqué par l'administration fiscale.

Le rôle de l'expert-comptable

Nous pouvons organiser la traçabilité, analyser les opérations pour les comptes et préparer un suivi adapté au périmètre convenu. La décision d'investissement, le conseil financier réglementé et la sécurité spécialisée relèvent de compétences à identifier séparément. Un dossier utile relie la décision de gestion, les flux techniques et leur traduction comptable.